Les Tableaux croisés dynamiques (TCD) d’EXCEL ne sont pas nouveaux mais le fait de pouvoir les baser sur de multiples tables est une nouveauté rendu possible par l’add-in Powerpivot d’EXCEL 2010. Associé au nouveau langage d’expression DAX (Data Analysis Expression), cette nouvelle possibilité offre un outil puissant pour l’analyse des données vu du côté d'un "EXCELcolique". En effet, plus besoin d'une DSI jargonante, d'experts business intelligence et de cube Analysis Services à administrer (on peut rêver...)
Egalement fini le message "requête OLAP en cours d'exécution" lors du rafraichissement d'un TCD sur le poste client puisque tout est sur le poste client.
Pour ceux qui en douteraient encore, pas d'autre solution: testez ! j'ai donc tenté l'aventure avec une configuration très légère: portable 1Go RAM dual core Windows Seven evaluation Office 2010 Professional Plus beta et SQL SERVER 2008 R2 CTP. Je n'ai pas poussé cette pauvre machine dans ses derniers retranchements en lui assénant Sharepoint 2010.L’exemple suivant est tiré de la base exemple AdventureWorks2008 en extrayant les tables product et salesorder ainsi que les tables associées.
Dans l’application Powerpivot lancé depuis EXCEL, sélection d’une source SQL SERVER. Il est cependant possible de choisir toute autre forme de format de données du type relationnel:
Sélectionner la table Product et cocher la case “tables associées”.
La liste des tables associées à [Product] apparait. On choisit de tous sélectionner. Idem pour les tables [SalesOrder]
L’import débute dans une fenêtre qui ressemble à la fenêtre d’exécution de SSIS. On notera au passage que les 121 317 lignes de la table SalesOrderDetails s’importe sans aucune difficulté.
Au final, l’ensemble des tables sont importés dans le classeur Powerpivot (et non dan un classeur EXCEL classique).
Créons le tableau en cliquant sur PivotTable. Et nous voici de retour sous EXCEL un TCD basé sur Product, ProductSubCategory, SalesOrderDetail et SalesTerritory:
Il ne reste plus qu'à ajouter les filtres et slicer avec une gestion de dépendance et le tour est joué. On peut ensuite publier sur Sharepoint le tableau de bord.
Si il avait fallu réaliser ce TCD sous EXCEL, il aurait fallu créer une feuille de calcul opérant une jointure entre Product, Product, ProductSubCategory, SalesOrderDetail et SalesTerritory avec les problèmes de performances et de synchronisation de cette feuille. Dans certaines situations avec des relations de type plusieurs à plusieurs, la création d’un seule feuille contenant l’ensemble des données n’est même pas possible.
Cette fois ci il est possible de renommer ces axes d’analyse et mesures et de créer ses propres formules de calcul depuis les mesures suivant une syntaxe familière aux utilisateurs avancés d'EXCEL: les DAX. Là non plus, point de MDX ni d'effort de modélisation ou de programmation.
En terme de volumétrie de données, notre fichier excel 2010 pèse 14,1 Mo
A titre de comparaison, le même fichier au format EXCEL 2007 avec les mêmes données à plat dans des feuilles pèse 14 Mo également donc je n’ai pas noté sur cet exemple d’amélioration sensible en terme de compression de données, mais peut être que la volumétrie n'est pas significative.
En terme de performance, difficile d'en juger: les temps de réponse sont imperceptibles ! là encore il faudrait tester sur de plus grosses volumétries.
En conclusion, le produit semble prometteur et surtout très performant. Il permet surtout à un non IT de pousser très loin la conception en terme d'outil d'analyse jusqu'à la réalisation d'une maquette quasi opérationnelle. Personnellement, j'irai même jusqu'à dire qu'il convient de s'interroger si il ne suffit pas de mettre les données de production à disposition de l'équipe d'analyste sur un serveur SQL et de les laisser concevoir leur tableaux de bord plutôt que de partir dans la phase de conception d'un modèle multidimensionel qui reste une phase longue, couteuse et non dénuée de risque.
En terme de stratégie commerciale, on peut également s'interroger de savoir si PowerPivot ne cannibalise pas quelque peu la suite BI SQL SERVER 2008. Après tout SQL SERVER 2008 n'est absolument pas indispensable pour bâtir avec PowerPivot et quelques vieux routiers des macros et formules EXCEL une plate forme décisionnelle tout à fait à la hauteur et ni SQL SERVER ni Analysis Services n'ont été sollicités pour réaliser cet exemple.

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